09 mai 2009
PRISE DE CONSCIENCE
C'est comme ça!
Finalement si peu intéressante! Elle était belle
pourtant. Elle me souriait. Elle avait tout pour elle, on avait tout
pour nous. Il ne fallait pas qu'elle fasse cela. Elle ne devait pas
dire ça! Dire NON! Me dire NON! On ne m'a jamais dit non! Et les rares
fois où ça m'est arrivé, je n'ai pas pu résister à cette envie. Vous
savez cette envie furieuse incontrôlable. Celle où de simples gens
lancent une assiette contre un mur ou bien raccroche au téléphone. Je
n'ai pas les mêmes envies que les simples gens. Je ne suis pas tout le
monde. J'en ai bien conscience.
Les simples gens ne s'en rendent
pas compte. Il paraît que je devrais être suivi psychiatriquement. En
tout cas, c'est ce qu'est en train de dire le juge. Oui le juge! Celui
de mon procès. Mon procès pour l'avoir puni. Puni celle qui m'a dit
non. Ce n'est pas la première fois pourtant. Une erreur de ma part que
d'avoir cru en elle. Ce doit être une erreur parce qu'ils ne peuvent
pas être assez malins pour me comprendre!
"Qui?"
"Ben les simples gens! Vous ne suivez donc rien? Vous ne comprenez rien? C'est bien ce que je disais ... pas assez malins!"
Il n'y a vraiment que moi pour me comprendre.
Je
ne lui avais pas demandé grand chose à cette simple fille. Simplement
de tuer pour moi. Elle prétendait m'aimer, je lui ai seulement demandé
de me prouver son amour en assassinant quelqu'un en guise de bonne foi.
Après tout, c'est une preuve d'amour comme une autre. Les simples gens
offrent des fleurs, des bijoux, des dîners au restaurant... Quoi de
plus banal!
Ce que je ne comprend pas dans l'esprit des simples
gens, c'est pourquoi ils s'imposent autant de limites, pourquoi ils
n'aiment pas braver l'interdit. Je ne lui imposais pas la personne à
tuer ; je lui laissais le choix. N'importe lequel de ces simples gens
m'aurait satisfait.
"Vous auriez tuer pour moi si je vous l'avez demandé?"
"Je ne pense pas."
Enfin un, qui me répond de façon plutôt rapide, je dois dire. Peut être plus malin qu'il en a l'air. Peut être devrais-je m'en méfier. Oh, et puis non, il a l'air si bête en réalité.
Je revois cette jeune
femme. Elle était belle, très belle. L'allure d'un mannequin, le quotient intellectuel d'une
courge, mais elle était belle. Tout pour me plaire. Jeune femme sans
défense qui demandait à être dominée. Je l'ai compris tout de suite, au
premier regard jeté sur moi.
Je l'ai tué avec un simple couteau de cuisine. Ça ne résiste à rien ces jeunes femmes frêles. Pas même à un coup de couteau.
"Combien?"
"En
toute honnêteté, 18 coups. D'accord. Je l'admets, il est normal qu'elle
est succombé à cette magnifique lame de 13 centimètres. J'avoue mes
tords. Mais quand même ...."
Elle gît dans un océan rouge carmin. Elle est magnifique. Sa blondeur et sa peau si fraîche, fragile, blanche... Quelle douceur paradisiaque de la voir, ici, à mes côtés! Même morte, elle garde tout son charme de simple gens.
"Qu'allez-vous en faire?"
"Je ne sais pas encore!"
Déjà
attendre la nuit. Je serais plus discret et je passerais inaperçu. De
toute façon, je vis en périphérie de la Grande Ville. Quoi que je
fasse, je passe inaperçu. Les simples gens ne remarquent pas les hommes
non-ordinaires .
Les simples gens constatent l'inutile, la routine et se félicitent
d'avoir découvert la faille inutile et inexistante dans leur routine.
Je
les trouve drôle. Ils sont amusants quand je les regarde faire. Ils
sont pour moi comme des singes dans un zoo. Je devrais leur jeter des
cacahouètes pour voir leur réaction. Non, les simples gens n'ont pas
d'humour. En tout cas, leur humour est restreint. Il ne rit que des
autres mais n'aiment pas qu'on rit d'eux. Curieux contraste! Je ne les
comprends pas.
"Aimeriez-vous que l'on rit de vous?"
"On ne rit jamais de moi. C'est impensable!"
Quoiqu'il en soit, les simples gens restent bornés. Incapacité à évoluer intellectuellement.
"Le pensez-vous vraiment?"
"Bien sur quelle question!"
Quand
prendront-ils conscience de leur intellect affaibli? Cette question
demeure un grand mystère pour moi. Un mystère insoluble. Je ris de
moi-même. Je me trouve amusant. Se poser cette question maintenant
alors qu'elle est là. Là à attendre que je m'occupe d'elle, savoir où
je vais l'enterrer.
Je ne veux pas qu'on la trouve, que quelqu'un
d'autre partage l'envie de l'admirer si belle sous terre. Personne n'a
le droit aux mêmes privilèges que moi. Je ne suis pas un simple gens.
Je la regarde une dernière fois. Elle est si belle... Je me regarde dans un miroir et je me dis que ...
"Que vous dites vous?"
"J'ai peur!"
"Vous avez peur!?!"
"C'est bien ce que j'ai dit! J'ai peur..."
Je prends alors conscience que ce couteau de cuisine pourrait me faire autant d'effet à moi qu'à elle. Tout droit dans mon coeur. Je m'éffondre. Je reste là à attendre. Attendre de voir si je résiste à un seul coup. Je ne résiste pas.
Le lendemain à la rubrique faits divers, nous pouvons lire : "Suicide d'un jeune homme d'une trentaine d'années, après avoir tué de 18 coups de couteau sa compagne..."
C'est un simple gens qui a écrit cela. Il me voit comme tel : Je suis un simple gens qui est maintenant sorti de sa routine.
05 avril 2009
Comme uncoup de poignard!!!
HIER ...
J'ai le souvenir de tant d'images de bonheur passé avec toi. Tant de bonheur volé! Je frissonne rien que de penser que ça pourrait à nouveau se produire. Illusion d'un soir! Illusion d'une nuit! Illusion dans laquelle j'ai aimé me perdre. Je me suis dévoilée entièrement, je me suis offerte a toi. Le démon qui est en moi a réveille mon coeur d'ange. Finalement c'est toi mon démon, mon âge, qui m'a trahit. J'aurais pu nourrir pour toi et finalement je suis morte dans un labyrinthe de souffrances, de pleurs, d'angoisses, de douleurs. Je ressens dans chaque battement de mon coeur ton corps. Tu vis en moi, je respire pour toi. Les jours passent et sans cesse tu te rapproches et tu repars aussi. J'ai besoin de toi pour exister.
Mais tu vois, j'ai fait le crime de t'aimer. Tu as fait le voeu de te cacher. J'ai sûrement fait l'erreur de te croire. Tu as choisi de maintenir en activité mon désespoir! J'ai eu l'audace de t'avouer mes sentiments. Tu as préfère partir en courant.
AUJOURD'HUI ...
J'ai cru pouvoir survivre à toi. Tu me semblais si ... proche de moi. Et tellement loin pourtant. J'ai tenté maintes et maintes fois de panser les blessures que tu me m'infligeais. En vain! Lorsque je parviens à en panser une, aussitôt une nouvelle s'ouvre. Ma douleur s'amplifie! Mais le sang continue de s'écouler. Une ouverture béante se lit dans mon coeur. Rancoeur, remords, souvenirs de vengeance ... des larmes qui coulent sans cesse. Je ne me contrôle plus, je ne peux plus m'arrêter. Horrible sensation que de se sentir appartenir à quelqu'un qui ne veut pas qu'on lui appartienne! Misérable impression que de souffrir sans retenue et en silence. Supplice glacé que de sentir son âme se défendre contre le mal. Un mal si bien pourtant. toi tu es mon mal! Tues mon erreur, ma faiblesse. Détresse est la seule chose que je pouvais ressentir pour toi. Je te combats depuis des heures, des jours, des mois. Rien à faire. Tu restes! Tu stagnes! Pourtant tu ne veux pas partir. Pourquoi restes-tu si accroché telle une sangsue? Que t'ai-je donc fait?
Décision prise. Je vais te combattre. Tu vas devoir lutter. Je réussirais. Tu vas disparaître.
DEMAIN ...
Je ne me souviendrais plus de toi. Tu ne seras qu'une pensée. Un léger pincement au coeur. Ta trahison ne sera plus qu'une phrase ludique dont je m'amuserais avec quelques amis. J'essaierais de reconquérir mon corps et je réussirais. Je reprendrais le dessus, je serais maître de moi. Pendant quatre mois j'ai cru que tu étais la pour me sauver, me délivrer ; et finalement ... je me suis convaincue que je me suis délivrée de toi comme on se débarrasse d'une mauvaise herbe. Seulement voila le mal est là, le mal est fait. Je ne me suis détachée de toi que parce que je m'en suis convaincue. Si tu revenais tout de suite, tout à l'heure, demain, je sais que je t'appartiendrais une fois encore! Jour après jour, je sens que je t'aime, c'est plus fort que moi. Nuit après nuit, des larmes m'accompagnent ...
Toi petit virus d'une grade maladie! Il m'aura fallu du temps pour te vaincre. Pourtant je m'étais habituée à toi. Petit parasite néfaste qui a voulu habiter en moi. Finalement jamais quiconque n'aura jamais visiter les profondeurs de mon corps et mon âme. C'est grâce à toi que je trouvais la force de te combattre. Mais c'est également à cause de toi que je n'avais plus la force de me défendre. Le jour où je t'ai vaincu pour la première fois, je me suis sentie trahie, tant de choses partagées ensemble et au final tu disparais. Ce que je ressens pour toi, je sais que tu ne le ressentiras jamais pour moi. Mémé si nous avons été, si nous sommes, et si nous restons proches! Et c'est pour cela que je vis cela comme un coup de poignard.
Au revoir Microbe
24 mars 2009
Le bonheur, c'est quoi? Ca se mange?
Lundi!
Je crois en la vie
Je me lève doucement
Je découvre impatiemment
Je protège mon monde d'enfant
Je souris tendrement
Je pense à rien
Je ne comprends rien
J'apprends en vain
Mais j'aime bien
Mardi!
Je m'amuse de la vie
Je profite du peu que j'apprends
Je rigole de ce que je comprends
Je ne sais plus vraiment
Mais j'avance doucement
Je sais que l'avenir n'est pas loin
Je sais que c'est bientôt demain
Le bonheur est à portée de main
Je pars et je reviens
Mercredi!
Je comprends ce qu'est la vie
Je me dis que c'est effrayant
J'avance pas à pas mais timidement
J'ai peur de ce terrain glissant
Je cherche mon prince charmant
Je cherche ce qu'est le bonheur
J'espère un monde meilleur
Je laisse passer les heures
Je souffre de mes erreurs
Jeudi!
Je suis agacée de la vie
Je perds mon temps
Je réfléchis posément
Une erreur et je redescends
Je cherche malgré tout mon nouvel amant
Je prends conscience de mon malheur
Il y a comme une mauvaise odeur
Je chercherais tout à l'heure
Je ressens mes premières peurs
Vendredi!
Je déteste la vie
J'ai fait l'erreur d'y croire vraiment
Je ne parviens plus à aller de l'avant
Je recule rapidement
Je n'y arrive plus, c'est embêtant
Je vis dans un monde de détresse
J'ai tant chercher la tendresse
Que ça en est devenu ma faiblesse
Personne pour répondre à mon S.O.S.
Samedi!
Trop tard, la vie m'a prit
On ne peut pas dire que j'y croyais vraiment
Rien a été plus décevant
Parfois de bons moments
Oui, j'ai passe du bon temps
Tellement de choses restent un mystère
Pour les comprendre, me faudrait plus d'une vie sur terre
Une vie faite de petites guerres
Remplies de paix éphémères
Dimanche!
J'ai perdu la manche
Plus une seule partie à jouer
C'est fini, je suis blessée
Je n'ai plus d'avenir
J'attends de mourir
Ma vie reste un point d'interrogation
Il y a toujours quelque chose qui me dérange
Me reste plus qu'a comprendre une notion
Le bonheur c'est quoi? Ça se mange?
j'ai peur
Pourquoi avoir peur?
Peur d'avouer ses sentiments
Des sentiments éprouvés depuis quelques temps
Pourquoi avoir peur?
Peur de faire le premier pas
Le pas qui changera peut-être cette histoire-là
Pourquoi avoir peur?
Peur de casser une amitié
Une amitié à laquelle on est accroché
Pourquoi? Pourquoi avoir peur?
Peut-être parce que finalement tu comptes pour moi
La seule personne qui est là (là ===> dans mon coeur)
La seule personne que je ne comprends pas
Mais finalement c'est toi qui est dans mon coeur
14 mars 2009
rouge mais vert
Encore une journée comme une autre. On est mardi et comme chaque mardi, je rend visite à ma grand-mère dans cette maison de retraite délabrée. Cette vieille bâtisse doit autant tenir debout que ma grand-mère de 98 ans.
Enfin quoiqu'il en soit je suis là à écouter cette femme délirait. Elle ne sait plus ce qu'elle dit et ça depuis bien longtemps. La vieillesse seriez-vous tenter de me dire. Oui, effectivement, cela semblerait logique. Mais il y a un hic. Ses délires s'éternisent depuis 31 longues années. Depuis la mort soudaine de son mari, mon grand-père. Le pauvre, décédé le jour de se 70 ans.
Seulement même si ma grand-mère Jeanne a eu la chance de rester vivante, c'est à nos dépends. A chacune des visites de ma soeur, ma mère et moi, Jeanne commence inéluctablement son discours par la même phrase "Choisis ta couleur".
Et là, c'est comme au loto, soit tu prononces la bonne couleur, soit tu échoues. Pour ma grand-mère, c'est comme un rituel. Chaque matin, au réveil, elle saisit son petit carnet bordeaux et d'un coup de crayon bref et spontané, elle inscrit la première couleur qui lui traverse l'esprit. Comme pour nous prouver qu'elle ne nous dupe pas.
Vous pouvez donc comprendre que ce n'est pas évident de devine la couleur du jour.
Bref!
En début d'après-midi, j suis donc allé rendre visite à Jeanne. A peine ai-je franchi la porte, que j'entendis sa voix rauque : "choisis ta couleur".
spontanément, j'ai répondu "ROUGE"!
Mauvaise pioche! Zut!
J'aurais tellement préféré trouver la réponse correcte. C'est simple lorsque Marie, ma soeur, Christelle, ma mère ou moi trouvons la bonne couleur, nous n'avons qu'à écouter ma grand-mère et ses éternels délires. Éventuellement commencer une partie d'échecs et la laisser gagner. Lui lire le journal avant de partir...
Seulement, aujourd'hui, il semble que la chance ne soit pas à mes côtés. Quel supplice! Il va falloir que je lui parle de moi. Et que je m'incline lamentablement devant chacune de ses remarques odieuses. Et zut, zut et re-zut!!! Je viens de passer une semaine horrible et pleine de douleur et je vais devoir l'étaler encore une fois. Alors commence l'interrogatoire de mamie.
"Les Amours?" demanda-t-elle d'un ton sec avec un léger regard vicieux.
Je m'assis sentant que ce fauteuil serait le seul soutien de ma journée. Que vais-je lui dire? Que ma copine vient de me quitter après 6 ans passés ensemble. Je suis bien forcé de lui dire. A dire que cette vieille folle a comme un sixième sens pour déceler le mensonge dans les paroles des personnes. Obligé de dire la vérité.
Première descente aux enfers avant la seconde question.
"Ton travail?"
Je voudrais que ce fauteuil m'aspire et me transporte loin d'elle. Contraint d'avouer que je viens de perdre mon travail. Bien sur pour elle, c'est de ma faute.
Deuxième descente aux enfers. Il me faudrait un miracle pour me sortir de là. D'habitude ma vie va bien. Mais là, c'est le désordre, le chaos, le néant. Je suis au bord du gouffre et cette vieille bourrique ne fait qu'accentuer mon mal.
MIRACLE!!!
C'est incroyable! Je vois ma grand-mère s'effondrer devant moi. C'est impensable! Je n'ai même pas le réflexe de la rattraper et la laisse s'écrouler. Je la regarde sur le sol gisant lamentablement. Pas la moindre envie de réagir. J'esquisse un sourire. "La roue tourne" me dis-je. Je finis malgré tout par appeler quelqu'un. Appelons ça un moment de lucidité. Mais ... trop tard la vieille folle est bel et bien morte.
Finalement, c'est elle qui vient de descendre aux enfers. Quelle chance! Avant de partir je saisis son petit carnet bordeaux et jeta un oeil à la couleur du jour.
C'était un signe. J'avais dit rouge en me disant qu'elle "allait voir rouge" au cas où il me fallait raconter ma triste vie. J'ai eu raison, jamais de ma vie on ne m'avait parlé comme ça. Comme une vieille chaussette.
Mais allez-vous me croire si je vous dis que c'était le vert...
...vert couleur de l'espoir.
Comme quoi, tant que nous pouvons rêver, tout peut arriver.
23 février 2009
encore gagné
Encore gagné ce soir.
Encore un homme qui vient m'aborder. Je suis assise en terrasse d'un café chic londonien. Je suis étrangère pour eux ici. Me voilà perdue dans une ville, entourée de personnes aussi étranges que je puisse leur paraître.
Je m'apprêtais à m'allumer une cigarette quand ce grand brun à l'allure un peu décalée vient me demander quelque chose.
Je dis quelque chose parce qu'il parle tellement rapidement que je ne comprends absolument rien à ce qu'il me dit. Il approche sa main de mon paquet de cigarette. Premier réflexe instinctif : récupérer mon bien avant qu celui-ci ne file entre les mains d'un "voyou".
Le jeune homme semble plutôt surpris de ma réaction. Malgré tout, et certainement par instinct, je lui proposai une cigarette. Il esquissa un sourire charmeur. Je me pressais de lui rendre.
Il finit par s'assoir, et dans un anglais toujours aussi incompréhensible pour moi, il me parlait. Ses mots, ses phrases n'en finissaient plus. Parfois il m'arrivait de comprendre quelques bribes ; avec fierté je répondais avec mes six mots de vocabulaire. Je me sentais idiote et je finis par en rougir.
Finalement, nous nous revîmes à plusieurs reprises.
Jusqu'à ...
... ce que tout homme attend à un moment clé d'une relation : le baiser. Aussi tendre et romantique qu'un film américain le laisse transparaître. Bien que je ne cautionne pas ce genre d'acte en général, je me laissai surprendre. Notre charmante histoire aura perduré six longs mois ou régnaient bonheur, magie, envie et passion.
Le conte de fée de chaque petite fille. Tout semblait magique et pourtant chaque chose a une fin. Et cela ne me dérange en aucun cas de vous dire comment celle-ci s'est achevée. Je suis ce que le commun des mortels appelle une "mante religieuse" : je dévore les "mâles". Je suis incapable de ressentir un sentiment affectif particulier : celui de l'amour. Alors quand mon partenaire dit la phrase "magique" : je t'aime, je me sens pousser comme une envie de lui prouver que celle-ci n'a aucun sens. Et pour cela j'emploie la manière radicale. Pas de demie mesure avec moi.
Nous habitions ensemble depuis quelques semaines dans un somptueux appartement situé au quatrième étage d'un immeuble très bon chic bon genre. Je feintai ce jour là une dispute entre nous, un claquement de portes et le jetai par-dessus notre balcon . Je reclaquai une seconde fois la porte en poussant en même temps un énorme hurlement. Je me disais à ce moment précis que les voisins entendraient la dispute, que mon prétendant se serait refugié sur le balcon et qu'il aurait alors dérapé par inadvertance. Tout a fait plausible me persuadai-je ! J'eclatai en sanglots, je pris le téléphone posé sur la table basse du balcon et me pressai d'appeller les secours. Je couru chez un voisin chercher un semblant de soutien et de réconfort.
Quelques minutes plus tard, les pompiers et les policiers sont arrivés. En vain, le pauvre homme était déjà mort. Après les questions d'un policier assez grand et d'une cinquantaine d'années, je me retrouvai seule dans un appartement qui ne m'appartenait plus. L'enquête conclut à un accident. Exactement ce que j'avais prévu.
Un mois plus tard, je pris l'avion pour Berlin. A peine sortie de l'avion, je m'installai tranquillement en terrasse d'un café berlinois quelconque. Je suis etrangère ici. Je m'apprêtai a m'allumer une cigarette quand...
... Encore gagné ce soir.
01 février 2009
une après-midi sous la pluie
Voilà comment occuper ces après-midi : s'installer dans un café et puis écrire. Seulement écrire à trois c'est tellement mieux!! Confronter trois styles bien différents est tellement plus amusant et quelque part plus enrichissant. Alors sans prétention voici notre "chef d'oeuvre"
Commence à écrire ta vie, sans limite et sans tabou à partir vers nous sans elle, avec tes ailes. Commence par le début sans penser à la fin pas à pas, sans se presser. Commence, je fais les pas, je passe. J'écris sans m'attarder sur les mots, je gribouille sans réellement réfléchir, je tatoue ma pensée sur le papier et je vous marque à ce fer divin. Pourtant j'écris sans savoir par où commencer, je laisse mon esprit divaguer. J'écris avec mon âme, mes larmes et mes tripes. La faille me stabilise chez toi en moi. Une faille, une ouverture dans un monde nouveau à créer, à imaginer, à rêver. Découvrir un nouvel univers, se laisser surprendre et se laisser séduire. Se suspendre à se pendre d'amour aux voiles qui s'épendent. Finalement avoir un penchant pour un goût nouveau. Aimer le début de ce renouveau. Ne pas chercher la fin , mais trouver l'absolu.
en rouge JOE
en bleu SCARSOUL
en noir HORTON
10 janvier 2009
Cinq sens
Je te sens mais ne te vois pas! Je t'entends mais ne peux te toucher! Quand pourrais-je te goûter?
ODORAT / SENTIR
Je perçois ton parfum musqué. Je sens que tu n'es pas loin de moi. J'aime sentir ton odeur. J'ai l'impression que je pourrais te reconnaître partout où tu seras. Je connais la senteur de chaque centimètre de ton corps. Pourtant chaque jour, je te découvre un peu plus. Ce que tu dégages, je le ressens comme une renaissance. Je m'amuse à deviner le parfum que tu auras pu mettre. Tu m'enivres! Ce matin-là tu m'as envoûtée, je me sentais attirée vers ta peau comme un aimant. Tant de gourmandises sous mon nez et je ne les vois pas.
VUE / VOIR
Où es-tu?
Tu te tiens droit devant moi. Nos regards sombres se croisent. Pourtant un léger sourire apparaît.
Toujours aussi beau à mes yeux. Comment pourrais-je m'empêcher de contempler un corps tellement idéal. Il y a des fois où nous ne vouons pas fermer les yeux afin de profiter d'un tel chef d'oeuvre. Je m'approche. A certains moments, tu recules. Tu ne cherches jamais à me rejoindre. Comment pourrais-je t'entendre si tu t'éloignes.
OUÏE / ENTENDRE
Je ferme les yeux pour mieux me concentrer sur le son de ta voix, sur les paroles qui tentent de se frayer un chemin jusqu'à moi. Je fais le vide de ton image dans mon esprit. Il me faut me focaliser sur le son, sur l'écoute. Un silence! Tout est silence. Par moments un murmure. C'est comme si tu me soufflais quelque chose à l'oreille. Oui, je t'entends! Ou je l'imagine. Je perçois ton souffle. Ton souffle devient sons. Les sons deviennent mots. Les mots sont des phrases. J'entends! J'écoute! Je comprends!
A nouveau tout devient flou, comme si tu parlais une langue que je ne connais et ne comprends pas. J'aimerais te prendre la main pour que tu répètes ce que tu tentes de me dire.
TOUCHER / TOUCHER
J'attends. Quand pourrais-je te toucher? Te sentir contre moi? Je m'impatiente. Je tente une nouvelle fois de t'approcher. Je tends la main. J'aimerais crier pour te retenir. Laisse-moi rien qu'une fois te rejoindre et apprécier le plaisir un jour de caresser cet espoir? Quand pourrais-je gouter à ta chair?
GOÛT / GOUTER
L'espoir de te savourer! Arrivera-t-il un jour? Quand viendra le moment où tous mes sacrifices seront libérés de cette attente? Quand pourrais-je me délecter de ces délices?
Es-tu sucré? Salé? Peut-être es-tu plus amer que ce que je peux penser? Quand vais-je découvrir ces mille goûts, ces mille arômes, ces mille saveurs qui pétilleront dans ma bouche? Quand pourrais-je te croquer, mordre dans cette peau si fragile?
Je me réveille en sursauts. Encore un rêve! Ce rêve! Le même rêve depuis des années. seulement voilà, aujourd'hui est le jour de ma consécration ; le jour où ce rêve prend la forme de la réalité. Et finalement toi, mon rêve :
je te sens
Tu as une odeur amère que je n'apprécie pas vraiment. C'est étrange, moi, qui avait tout imaginer ; ta saveur, je la ressens comme une amertume.
je te vois
Oui tu ressembles à ce que je voulais que tu sois. Pas de surprise! Pas d'excitation! Tellement de déceptions finalement. S'apercevoir que ce que nous voyons dans nos rêves est la même chose en réalité. Je pense que je t'ai trop idéalisé. Bien que tu restes parfait à mes yeux, il n'y a rien de magique et d'étincelant à te voir.
je t'entends
Tu me parais tellement ... anodin. Même les mots que tu prononces, que j'entends, que j'écoute, n'ont plus aucun sens. Je t'ai imaginé. Tu es tel que tu devais être et rien n'a de signification dans ce que tu es devenu.
je te touche
Fin. Finalité. Je t'ai achevé. Je t'ai touché. Plus rien à faire. C'est comme si j'avais achevé ma mission. Une fois finie, plus d'excitation.
J'ai tant cherché à te voir, te toucher, t'entendre, te sentir que finalement tu me laisses un goût amer.
Nous voulons toujours réaliser ces rêves! Mais qu'arrive-t-il après?
Nous sommes tellement excités à l'idée de combler un manque, que lorsque nous réussissons, il nous reste à combler un manque d'excitation.
09 janvier 2009
habitude fatale
Fatiguée. Je suis lassée. Encore une journée de travail qui ne change pas de toutes les autres. Je fais couler de l'eau ; j'arrose les rebords de ma baignoire d'un bain moussant parfumé aux fleurs. comme chaque soir personne n'est présent chez moi. Quel ennui! Je m'ennuie!
Je me déshabille. J'enlève mes chaussures. Je trempe le bout de mon pied gauche dans cette eau bouillante. Je cherche à me persuader que c'est la seule chose qui pourrait me détendre.
Attendre. J'attends que mon mal passe. C'est devenu une habitude.
Une demie heure s'écoule. Je m'agace. Je m'énerve. Tout m'énerve : le monde, les hommes, l'ordinaire, la routine... J'ai envie d'écouter de la musique, j'ai envie de boire un verre d'alcool. J'ai envie de tellement de choses que ça en devient de mauvais délires nocturnes.
Je vide la baignoire! Je mets mon pyjama et me réfugie sous ma couverture et allume mon ordinateur.
Je vais encore une fois passer la nuit seule, me cachant derrière ma carapace. Pourquoi est-ce toujours la même chose?
Ma décision est prise! Ce soir, je cherche! Je vais me créer mon premier ami ... virtuel. Je souffre de cette absence, de ce manque.
Jean : voilà le nom de mon unique ami. Enfin quelqu'un à qui parler, à qui je vais pouvoir me confier, me dévoiler. Je me sens si seule que, même si Jean n'existe pas réellement, le substitut d'une vie amicale me conviendrait entièrement.
Cela dura trois mois. Je n'avais rien à attendre de cet homme imaginaire. Un plaisir de partager ma vie avec lui. Simplement chaque belle chose a une fin. Mon ordinateur s'est éteint. A tout jamais! Ma solitude, elle, est restée comme fidèle finalement.
15 décembre 2008
exercice avec un ami
Avec les mots suivants, mon ami joe et moi avons conçu chacun une histoire.
DESESPOIR , ENVIE , TRUBLION , CIGARETTE , DESIRABLE
DORMIR , REVE , PASSION , GIGOLO , VEUVE
LANGUE , POUVOIR , TREPANATION , HESITATION , FLORAISON
TELEVISION , RAGE , SUBLIME, ANTI-DEPRESSEUR , RAISON
Enfin voici mon texte :
MORT PAR TREPANATION
Ce matin, je me lève, marre de dormir. Comme chaque jour, j'allume une cigarette. Me voilà veuve d'un gigolo depuis deux mois maintenant. Triste? Même pas! Je n'avais qu'une envie! Sortir de la déprime, du désespoir dans lequel il me noyait. Cet espèce de trublion m'a fait assez souffrir et maintenant je rêve d'une vie meilleure.
J'allume la télévision! Comme d'habitude, rien d'intéressant sur les 450 chaines. Sur la 398 : un reportage sur les effets néfastes des anti-dépresseurs. Comme par hasard sur arte, un reportage sur la faune et la flore : les abeilles, la floraison....
Pardon, je me présente : je suis nadia, sublime et désirable secrétaire médicale. Faut se faire une raison. Ce n'est pas par prétention que je vous dis ça. Mais après une longue hésitation, j'ai osé me présenter au concours Miss France, soutenue par quelques amies. Et j'ai gagné! Pendant un an, j'avais le pouvoir de faire régir le monde des "beautés". Et c'est comme ça que j'ai connu mon mari. Comme tout les couples, on a vécu dans la passion mais très vite notre amour est devenu de la rage. C'est comme si nous ne parlions plus la même langue. On ne se comprenait plus.
Bon je vous laisse, mes anti-dépresseurs m'attendent.
